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Just Cause 2

Just Cause 2
Après un premier épisode sympathique, mais qui n'est pas resté dans les annales du jeu vidéo, la série Just Cause remet le paquet avec un nouvel opus, le premier sur PlayStation 3, mais le deuxième sur Xbox 360. Jouant dans la catégorie des jeux d'action à la troisième personne se déroulant dans un monde ouvert, Just Cause 2 propose un cadre plutôt original pour le genre, une immense île perdue dans le Pacifique. Contrairement à GTA IV ou encore Saints Row 2, préférant utiliser une grande métropole comme cadre de jeu, le titre développé par Avalanche Studios opte pour un dépaysement total, un peu comme le peu convaincant Mercenaries 2 : l'Enfer des Favelas il y a un an et demi. Just Cause 2 parvient-il à faire mieux que son rival ?
 


Quand c'est trop, c'est Panao

Commençons par ce qui fait le charme immédiat de Just Cause 2, le choix de sa zone de jeu. Ici, point de Los Angeles, Tokyo ou encore New York, mais un immense archipel (qui s’étale toujours sur 1024 km²) baptisé Panau, comprenant de nombreux lieux bien différents. Vous trouverez donc une capitale, des plages aux eaux transparentes, une jungle luxuriante, des zones montagneuses et enneigées, ainsi qu’un désert sec et aride, bref, à peu près tout ce que l'on peut trouver sur notre chère planète Terre, une vraie carte postale. Cependant, n'allez pas croire que vous allez vous la couler douce, puisque Panau est un lieu où le chaos, la pègre et la propagande règnent à chaque instant. Pour être clair, sachez qu'un dictateur nommé Baby Panay impose sa loi, mais ce n'est pas tout, de nombreuses factions tentent de renverser le pouvoir, trois précisément. Tout d'abord, vous trouverez les Roaches, ceux inspirant la crainte la plus forte sur l'île, puis les Reapers et enfin les Ular Boys, pas des enfants de chœurs non plus. Le climat ambiant n'est donc pas très reluisant et vous devrez incarnez l’agent secret Rico Rodriguez, l'arme la plus redoutable de l'Agence, votre employeur, afin de retrouver le dénommé Tom Sheldon qui est porté disparu avec des informations top secrètes et beaucoup d'argent volé. Bien entendu, vous devrez vous allier temporairement avec les gangs locaux, le tout pour gagner la confiance des leaders et ainsi obtenir de précieuses informations, indispensables à votre objectif principal. Le scénario est donc très classique, peu intéressant et surtout ultra cliché au final, mais c'est un prétexte pour mettre le bazar à Panau. Et puis, après tout, ce scénario de nanard est totalement assumé et colle parfaitement au bordel qui constitue le cœur du gameplay de Just Cause 2.

Découpé en plusieurs missions principales, mais surtout en une multitude, une surabondance, une véritable orgie d'objectifs (presque) secondaires prévus par le titre ou créés par votre imagination sans limite, Just Cause 2 vous laisse une liberté immense dans vos choix et actes et ce, tout au long de la partie. Pour preuve, sachez que les missions principales ne sont pas accessibles à tout moment. En effet, remplir des quêtes annexes peut s'avérer nécessaire pour avancer l’histoire. Lorsque notre agent de la CIA accomplit une mission pour l’une des factions révolutionnaires du jeu où lorsqu’il détruit une des nombreuses infrastructures du gouvernement en place (bases militaires, antennes relais, caravanes de propagandes, containers d’essence, générateurs, statues, etc.), il fait croitre une jauge de chaos qui, une fois pleine, débloque de nouvelles missions principales et secondaires. Cette mécanique scénaristique n’est pas sans rappeler celle de la série Mercenaries. Quoi qu’il en soit, il faudra passer beaucoup de temps à errer si vous souhaitez faire grimper votre jauge et ainsi débloquer de nouveaux objectifs. Mais pas de panique, afin de se déplacer rapidement, Rico a la possibilité de louer les services d’un certain Don Motelsh, moyennant finances. Cet allié de poids fournit des armes (pistolets, mitrailleuses, lance-roquettes, fusil de sniper...) et des véhicules (motos, voitures, quads, bateaux, hélicoptères, avions,…), mais assure également le transport d’un point à l’autre de la carte. Un atout majeur donc qui ne sera pas à omettre, afin de gagner du temps, tout comme le grappin, un outil indispensable. Le plus intéressant restant de se prendre au jeu de la liberté et du gigantisme, et de se fournir en moyen de transport directement auprès des autochtones, bases militaires et autres aéroports qui parsèment l'ensemble de la carte. Au cours du trajet vers l'objectif fixé de prime abord, on se rendra ainsi souvent compte que l'on a entretemps détourné trois hélicoptères, défoncé six bases ennemies et collecté quarante douze objets de factions tout en dérivant de 10km par rapport à notre but initial. Réellement charmant et prenant.
 
 
Ricooooooola

Un élément phare du gameplay de Just Cause 2 se nomme le grappin, un touche à tout de génie en matière de chaos. Ses utilisations sont multiples : s'accrocher à un bâtiment, tirer un ennemi dans le vide, permettre à votre parachute de planer durablement ou encore relier deux éléments entre eux ne sont que de minces exemples de toutes les possibilités offertes par ce jouet. C'est d'ailleurs ce dernier point qui est le plus amusant, accrocher le grappin entre votre voiture et une statue pour la faire tomber peut être fun, tout comme trainer un adversaire sur des centaines de mètres, afin de mettre fin à ces jours est jouissif. Sans cet élément majeur, le nouveau jeu d’Avalanche n'aurait pas eu la même saveur. Pour le reste des possibilités directes de Rico Rodriguez, c'est plus classique. La visée lors des combats est manuelle, mais un zoom vers l'épaule permet d'être plus précis, bien que la localisation des dégâts souffre de quelques tares. Ainsi, un tir en pleine tête pourra aussi bien tuer un méchant d'une balle que rien lui faire, ce qui est très rageant, surtout lorsque votre barre de vie surfe avec le néant. En effet, celle-ci se vide rapidement, mais se régénère automatiquement en partie, soignant vos blessures légères. Pour les cicatrices les plus graves, vous devrez trouver un kit de soin. En plus de votre santé, il est possible d'améliorer vos armes. Que ce soit le simple pistolet, la mitrailleuse, le fusil à pompes, le fusil d'assaut, le lance-roquettes ou encore les grenades, leur force et leur capacité peuvent être augmentées sur six niveaux (à force de collecter des caisses d'armement), améliorant la capacité du chargeur, la précision ou encore la cadence de tir. Du côté des véhicules, le constat est excellent vu leur nombre et surtout grâce au plaisir que l'on prend à les conduire. Que ce soit les vieilles voitures très lentes, les motos rapides, les solides jeeps ou encore les caisses sportives, vous aurez le choix en ce qui concerne les transports terrestres. De plus, chaque type de véhicule dispose d’une maniabilité propre. Par ailleurs, les objets volants identifiés tels que les avions et les hélicoptères jouissent du même travail et certains appareils permettent même d'effectuer des combats aériens. Lancer une roquette depuis les airs sur une base militaire ou pire, sur une autre machine, est ainsi possible. Un petit bémol tout de même, l'absence de vue interne.

À l’instar du grappin, le parachute, un des éléments qui fonctionnait bien dans le premier épisode, a également été amélioré. Cet accessoire est utilisable à tout moment et dans n’importe quelle condition, y compris plusieurs fois au cours d'un même saut. Par exemple, si l’atterrissage est impossible, il suffit de sauter de son avion et d’ouvrir son parachute. D’ailleurs, si la descente vous semble un peu trop longue, vous avez la possibilité désormais de le refermer, et ainsi faire du base jump ou de la chute libre. Sensations fortes garanties ! Passons maintenant à la diversité des missions. Oublions les captures de base, toutes faites sur le même modèle (épaulé par une équipe d'une des factions, vous devrez permettre à un ingénieur d'accéder à un point précis et d'y effectuer son travail) pour nous attarder sur les autres types d'objectifs. Comme dans les jeux du même genre, vous devrez assassiner une cible, escorter un personnage, saboter du matériel, voler un véhicule ou sauver des otages. Rien de très original, mais l'efficacité est de mise et la lassitude ne se fait pas ressentir, en bonne partie grâce à la foultitudes de possibilités qui s'offrent à vous pour arriver à vos fins (avec ou sans véhicules, discrètement, en gros bourrin, en jouant du grappin et du parachute, en alternant les explosifs ou le bazooka...). Les missions de l'Agence elles, sont beaucoup plus longues et compilent le tout en une seule et grosse mission. Du côté de la difficulté, vous aurez le choix entre trois modes (facile, normal et difficile), ce qui conviendra à tous les types de joueurs. Un conseil néanmoins : la fuite fait partie du combat.
 


Ne tombez pas dans le Panau

Vus d’en haut (ce qui est quand même souvent le cas), les graphismes sont de toute beauté. Le rendu de l'eau, du sable, de la neige ou des arbres est magnifique. De plus, le soft gère plutôt bien les conditions météorologiques et l'alternance du jour et de la nuit grâce au nouveau moteur maison d’Avalanche Studios, l’Avalanche Engine 2.0. Les effets de lumière, de particules et de volutes (les nuages par exemple) sont également extrêmement bien retranscrits. Il arrive régulièrement de poser la manette et de ne manipuler que le stick droit pour bouger la caméra autour de soi et admirer le paysage. En revanche, une fois sur terre, le tout est nettement moins éblouissant. Loin d'être moches, les textures manquent cruellement de détails. Vous vous retrouverez alors face à un jeu comme il en existe tant d’autres graphiquement parlant. Par ailleurs, la modélisation des personnages est satisfaisante, mais reste encore loin des certaines pointures dans le domaine comme Uncharted 2 ou Heavy Rain. Côté technique, pas grand-chose à dire. Tout est fluide, même quand ça pète de partout, mais le plus sidérant, c'est que nous passons d’un milieu, d’un type de décor à un autre sans chargement, sauf pour les déplacements rapides et entre deux cinématiques. En revanche, le clipping est parfois présent et l'on remarque régulièrement des textures qui s'affichent tardivement, sans que cela ne vous gêne, rassurez-vous. Dans l'ensemble, bien que non parfaite, l'impression graphique laissée par Just Cause 2, et associée à la taille gigantesque du monde, reste plus que positive. Elle en est même un des points forts du titre, aux côté de son gameplay explosif et varié.

Terminons ce test par quelques points encore non élucidés. La durée de vie vous demandera un peu plus de vingt heures pour terminer les missions principales de l'Agence et beaucoup plus pour terminer le jeu à 100%. Débusquer tous les lieux, effectuer tous les défis, accomplir les missions des différentes factions et trouver tous les objets vous prendront des dizaines et des dizaines d'heures, les développeurs ne se sont pas moqués des joueurs pour le temps passé sur Just Cause 2. Clairement, ce titre est une véritable orgie. En revanche, aucun mode en ligne n'est intégré, ce qui peut être regrettable par rapport à Mercenaries 2 et GTA IV qui intègrent eux, ce genre de contenu. Les musiques sont plutôt discrètes, mais pas désagréables, s'insérant parfaitement avec l'action menée à l'écran. Par contre, les voix sont plus que médiocres, c'est le minimum syndical qui semble nous être proposé, puisque la grande majorité des voix sont clichées, donc dans le ton résolument nanard de l'ensemble, tandis que d'autres vous feront rigoler de temps à autres, mais vu le ton général très second degré, pourquoi pas après tout. Enfin, deux derniers points et non des moindres. La synchronisation des lèvres des personnages avec le son de la voix est complètement ratée pour la version française. Heureusement que les dialogues et cinématiques ne sont pas légion. Par ailleurs, pour les possesseurs de PS3, il est possible d'enregistrer des vidéos en même temps que vous jouez, afin de les sauvegarder sur votre console et les publier directement sur YouTube. Là encore, l'initiative est louable et colle à l'esprit bac à sable de ce Just Cause 2.
Gameplay
8 / 10
Manier Rico est un pur régal, une fois passée une période d'adaptation non négligeable. Malgré les nombreuses possibilités offertes par le jeu, le plaisir est total pour chacune d'entre elles. Le grappin est l'élément indispensable du succès de Just Cause 2 et son utilisation multiple permet toutes les folies, tout comme le parachute. Par ailleurs, la maniabilité des véhicules est simple, mais efficace. Seuls quelques problèmes de localisation des dégâts viendront gâcher un ensemble très convaincant et surtout très riche et exceptionnellement gigantesque.
Graphismes
8 / 10
Vue de haut, l'île de Panau est sublime tant les différents environnements (désert, montagne enneigée, jungle et mer) sont parfaitement retranscrits. En se rapprochant, le tout est moins convaincant, mais reste tout de même agréable à l'œil. Pour un soft se déroulant dans un monde ouvert, le pari est réussi.
Bande-Son
6 / 10
Certainement le point faible de Just Cause 2. Les bruitages, sons d'ambiance et musiques sont assez classiques et satisfaisants, mais la version française pêche au niveau des doublages.
Durée de vie
9 / 10
Terminer l'aventure et ses missions principales demandera plus de vingt heures de jeu, suivant votre habileté à vite semer le chaos, mais finir le titre à 100 % ne sera possible qu'après des dizaines voire des centaines d'heures d'acharnement étant donné le très grand nombre de lieux, de quêtes optionnelles et d'objets à collecter. Tout simplement énorme. 19
Note finale
8 / 10
Just Cause 2 est clairement une réussite. Entre son immense île totalement dépaysante, sa durée de vie énorme et sa jouabilité jouissive, notamment grâce à la combinaison grappin-parachute et aux véhicules, vous ne serez pas déçu pour peu que vous acceptiez de tâtonner pendant quelques heures et que vous soyez friands des jeux se déroulant dans un monde ouvert. En revanche, certains points faibles sautent aux yeux, comme des voix ratées et certains bugs indissociables au genre, la localisation des dégâts étant le plus pénalisant. Au final, Just Cause 2 remplit plus que son contrat et s'impose comme une valeur sûre du genre qui ne vous fera pas lâcher la manette de sitôt.
Test de Just Cause 2
Par mardi 20 avril 2010 à 21h16
  • C'est malin, devant tant d'éloges, et malgré les points noirs, j'ai craqué pour le jeu et viens de passer un week-end complet dessus. J'étais pas convaincu par la démo, mais le jeu en main, c'est un véritable plaisir, et on ne voir pas le temps passer.
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