Test
Bioshock 2
Lors de sa sortie en 2007, Bioshock avait tout simplement fait l'unanimité. Il faisait partie de ces rares titres si particuliers à faire avancer le jeu vidéo vers une maturité plus assumée, par un scénario très dense et un univers d'une richesse rarement vue. Deux ans après cette claque monumentale, 2K Marin nous offrent une suite à cette aventure qui aurait pu se suffire à elle-même si elle n'avait pas été un succès commercial. Un nouveau studio de développement n'est pas forcément annonciateur des meilleurs auspices dans ce genre de cas, mais les studios basés à San Fransisco ont décidé de suivre la droite lignée de l'auguste prédécesseur, au risque de ne pas se mouiller plus que nécessaire. Impossible alors de résister à l'envie de plonger une seconde fois dans Rapture, pour le meilleur et surtout pour le pire.
Plongée dans les abysses
Bioshock 2 est introduit par une vidéo d'une rare violence, aussi bien psychologique que physique. L'histoire sera une nouvelle fois des plus sombres, dans cette ville autrefois utopique, fantasme d'un créateur dont le génie n'avait d'égal que la mégalomanie. Ce second épisode nous propulse dix ans après la déchéance de Rapture, dans un scaphandrier synonyme de puissance exacerbée, puisque c'est dans la peau d'un Big Daddy que vous évoluerez pendant une quinzaine d'heures. Delta, c'est son nom, est animé de deux motivations des plus triviales : la vengeance et le besoin de retrouver sa « fille », la petite soeur dont il a la charge. Le scénario de Bioshock 2, s'il prend moins de risques que celui de son aîné, n'en reste pas moins un modèle du genre. On aimerait voir plus souvent une telle maturité et une telle profondeur dans des FPS, avec des twists bien amenés et des personnalités fortes et uniques. Si l'on regrette que le créateur de Rapture ne soit plus de la partie, les protagonistes secondaires n'en donnent pas moins du relief à l'aventure. Sofia Lamb, la nouvelle « gérante » de Rapture, sera la principale source de vos problèmes puisqu'elle dirige vos ennemis et souhaite à tout prix vous empêcher d'arriver à vos fins pour des raisons que nous vous laisserons découvrir. Cette véritable dictateur communiste, qui prône l'égalité de tous, et déconseille tout culte de la personnalité sauf du sien, peut être mise en parfaite opposition avec Tenenbaum, qui elle vous épaulera. La ville en elle même, enfin, épave d'une grandeur déchue, constitue à elle seule un personnage unique.
L'évolution de Delta dans celle-ci sera une fois encore parsemée de chrosômes, anciens bourgeois déchus de leur statut d'humain sous l'effet de l'ADAM, une drogue aux effets dévastateurs. On retrouve très rapidement ses marques dans la ville sous-marine, tant 2K Marin a réussi à l'imprégner de la même ambiance que dans l'épisode précédent. Entre grandeur et décadence il n'y a qu'un pas que Rapture a allègrement franchi, pour devenir une épave morbide, à l'atmosphère lourde et malsaine. La violence y est toujours aussi omniprésente, les ersatz d'humains dépendants de l'ADAM étant prêts à tout pour se fournir un peu de cette délicieuse substance. L'avancée du Big Daddy sera donc stressante et oppressante, d'autant plus que la toute puissance entre-aperçue en 2007 n'est plus qu'un vague souvenir.
Delta est en effet l'un des premiers Protecteur, une oeuvre encore imparfaite, annonciatrice seulement des futurs gardiens de Rapture. Votre quête sera donc loin d'être une sinécure, chaque affrontement avec des chrosômes pouvant rapidement conduire à une mort prématurée. Cette fragilité est assez frustrante - du moins au début - pour qui s'attendait à occire des mutants à l'aide de la gigantesque foreuse, prolongement de notre bras droit. Cependant, cela permet de garder une certaine cohérence dans l'ambiance, de renforcer la claustrophobie inhérente à notre avancée dans cet endroit sordide.
Monsieur P, ses armes et ses petits pouvoirs
Notre avatar virtuel ne sera cependant pas dépourvu d'atouts pour avancer dans cette ville hostile, puisqu'il pourra combiner une arme en main droite et un plasmide en main gauche. Il pourra donc tirer au fusil à pompe tout en enflammant ses cibles, ou les geler avant de leur mettre un grand coup de foreuse afin de les faire exploser. S'il est assez difficile au début de se sentir réellement dans la peau d'un Big Daddy, si ce n'est par sa lourdeur, sa lenteur ou le tremblement du sol sous ses pas, l'amélioration de l'équipement au fil du temps nous permettra de retrouver progressivement la puissance que l'on était en droit d'attendre. Il faudra cependant effectuer tout au long de votre avancée des compromis et composer avec des choix importants, notamment en ce qui concerne les améliorations des armes. Chaque arme possède trois upgrades de puissance, dont une accessible uniquement lorsque les deux autres ont été débloquées. Les bornes qui vous permettent ces modifications étant cependant disponibles en nombre limité, il vous faudra rapidement vous résigner à améliorer uniquement vos armes préférées.
Il en va de même pour votre choix de plasmides que vous ne pourrez pas tous débloquer avant un certain temps. Ces améliorations génétiques accessibles par le biais de l'ADAM se divisent en deux catégories bien distinctes. La première est celle des plasmides actifs, qui sont les sorts que vous pourrez lancer à vos ennemis. On retrouvera globalement les mêmes que dans Bioshock premier du nom, avec notamment Arc Electrique, Incinération, Télékinésie ou Eclat Cryogénique. Chacun de ces pouvoirs peut être amélioré, ce qui change son effet. Par exemple, Arc Électrique pourra créer une chaîne d'éclairs qui paralysera temporairement plusieurs ennemis, tandis qu'Incinération occasionnera une explosion qui touchera tous les chrosômes alentours. Difficiles d'accès dans le premier épisode, puisqu'il fallait se priver temporairement de son arme pour les utiliser, ils deviennent primordiaux ici. L'action y gagne en nervosité et surtout en fluidité, puisqu'une gâchette leur est désormais assignée.
La seconde catégorie de plasmides, appelée Fortifiants, constitue l'ensemble des améliorations passives qui vous seront accessibles. Elles sont très nombreuses, pour des effets variés, comme par exemple augmenter votre vitesse, conférer un bonus élémentaire à votre armure, réduire l'utilisation d'Eve lors des attaques magiques ou baisser le prix d'achat de munitions et autres composants dans les diverses bornes prévues à cet effet. S'il n'est possible au départ d 'en équiper que quelques unes, vous pourrez acheter des emplacements qui vous permettront au final de porter dix-huit fortifiants et huit plasmides actifs. Cela permet d'approcher enfin le côté gros bill tant désiré du Protecteur, sans rendre le jeu plus facile pour autant.
Une fois encore, ces divers pouvoirs seront accessibles contre une monnaie d'échange unique, l'ADAM. Cette ressource n'est récoltable que par l'intermédiaire des petites soeurs, des enfants dénaturées imprégnées de cette drogue ravageuse. Bioshock nous obligeait à choisir entre sauver les petites soeurs qui nous offraient alors une partie de leur ADAM, ou les tuer pour récupérer plus de ressources. Les Protecteurs ayant pour but de sauver ces petits êtres sans défense, la question pourrait ne pas se poser. Cependant, dans le cas de Delta, qui est lié à une petite soeur disparue qu'il recherche désespérément, le doute est plus que jamais d'actualité. S'il pourra adopter temporairement les petites soeurs des autres Big Daddy qu'il viendra de tuer afin de récolter de l'ADAM sur des cadavres, il devra cependant à terme choisir entre les tuer et les sauver. De ses choix découleront l'évolution du scénario et notamment de la fin, plus ou moins obscure. Il en ira de même avec vos diverses confrontations avec des personnages secondaires désarmés, que vous pourrez choisir d'épargner si le coeur vous en dit.
Chaque petite soeur étant protégée par un Protecteur, il vous faudra combattre afin d'engranger l'ADAM. Ces affrontements seront souvent épiques et vous demanderont une certaine préparation si vous ne voulez pas gâcher inutilement des munitions ou vous retrouver à cours d'Eve. Régulièrement, vous serez confronté à l'une des grandes nouveautés de ce second épisode : les grandes soeurs. Ce seront elles vos ennemis les plus redoutables, puisqu'elles allient la puissance des Big Daddy avec la vitesse des chrosômes. Véritables machines à tuer, elles arriveront dans un cri à vous glacer le sang et vous occasionneront des sueurs froides. On aurait simplement aimé qu'elles ne surviennent pas de manière aussi cyclique mais de manière un peu plus aléatoire, puisque l'on se rend rapidement compte qu'elles viennent vous hanter après que l'on ait tué trois Protecteurs.
Copier/Coller
Au final, le seul défaut que l'on puisse imputer à cette suite pour la partie gameplay est le manque de risque pris par l'équipe de 2K Marin. Il semblerait que la peur de dénaturer l'univers si particulier du titre d'Irrational Game les aient empêchés de laisser libre court à leur imagination et de nous surprendre. Certes, le tout est plus dynamique, mais une petite prise de risque n'aurait pas été de trop, sous réserve bien entendu qu'elle ait été judicieuse. Ce sentiment un peu frustrant de déjà vu se ressent également dans le level design et l'aspect technique du jeu. Bien que nous visitions de nouveaux pans de Rapture, la ville n'a pas réellement évolué malgré les dix années qui se sont écoulées depuis Bioshock. Son côté steampunk si particulier offre toujours le même effet de grandeur décadente et plonge encore une fois le joueur dans une ville atypique et dans un univers très rarement exploité jusqu'à présent.
Les passages en extérieur, seul véritable ajout à l'environnement arpenté, coupent judicieusement le rythme et permettent paradoxalement aux joueurs de respirer (pas évident sous l'eau, sauf lorsque l'on est muni d'un scaphandre). Elles sont cependant trop simplistes et ne constituent que de petits couloirs contemplatifs qui permettent de rappeler le contexte de la cité.
En ce qui concerne les graphismes, Bioshock 2 ne met pas non plus la claque de son prédécesseur. Le moteur graphique n'a pas évolué, même si l'Unreal Engine 3 est toujours capable d'offrir un très bon rendu. Les effets d'eau ainsi que les différents sorts sont toujours aussi beaux, mais le travail sur la lumière n'est pas aussi fin que dans le premier épisode. Bioshock 2 reste tout de même un jeu magnifique, qui vous fera vivre de grands moments.
Le travail effectué au niveau de l'ambiance est lui tout à fait remarquable. La musique résolument rétro des années 20, les dialogues entre chrosômes qui se disputent autour d'une source d'ADAM, le bruit des pas de Delta, tout est parfait et renforce cette impression de malaise et d'oppression ressentie lors de notre aventure.
Petite tuerie entre chrosômes
Sortir aujourd'hui un FPS sans le mode multijoueur qui va avec peut paraître insensé. Alors que le premier épisode de la série n'en proposait pas, nous avons aujourd'hui la possibilité de participer à des joutes entre amis. Ne vous attendez pas à y voir apparaître de grandes surprises, puisque les modes proposés sont plutôt classiques mais fonctionnent assez bien. Deathmatch et Team Deathmatch sont bien entendu de la partie, tout comme le Capture The Little Sister. Un dernier mode vient s'ajouter, qui consiste à protéger le plus longtemps possible une petite soeur, que ce soit seul ou en équipe.
Vous incarnez ici un chrosôme, muni d'un armement que vous pourrez améliorer lorsque vous aurez pris du grade. Il est bien évidemment possible d'utiliser les plasmides qui, elles aussi, seront débloquables selon un système d'expérience désormais bien connu. Le tout est assez nerveux et plutôt de très bonne facture. L'apparition d'un costume de Big Daddy sur la map ajoute un peu de piment, puisque vous en emparer avant vos adversaires vous offrira un bonus certain. On retrouve d'ailleurs dans le multi toute la puissance du Protecteur, pendant un court instant de gai massacre tout simplement jouissif.
Là également, si le tout est très bien ficelé, on aurait apprécié que 2K Marin se risque à nous offrir une petite surprise qui aurait différencié le multi de Bioshock 2 des autres productions du genre.
8 / 10
8 / 10
9 / 10
8 / 10
8 / 10
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Je l'ai fini et j'ai vraiment été pris par l'aventure jusqu'au bout !
Je lui mets 19 personnellement, un jeu à posséder absolument.il y a 6 mois -
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Excellent test, j'aurais simplement mis 18 en note finale
le jeu est prenant a souhait, on retrouve les petits plaisir du 1er avec les petites nouveautés, un vrai régal
il y a 6 mois -
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Test excellent, et sans délai. Merci
Je serais néanmoins plus réservé concernant la note finale que j'aurais sans hésiter élevée d'un ou deux points.
Jeu excellent à tout point de vue, bien que visuellement, ben on a plus de claque comme c'est justement dit !il y a 6 mois -
Superbe test !
Ca donne bien envie d'y jouer... Mais il faut que je termine le premier opus avant
il y a 6 mois -
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BayonettaJe trouve la note un tout petit peu dure mais le test est très bon et je confirme ce jeu est un bijou ! Y a encore des version rapture si vous voulez ici pour pas cher : http://www.selecstore.com/index.php?page=shop.product_det...
il y a 6 mois
Fiche jeu
BioShock 2
- X360
- Genres : FPS
- Sortie FR : 09 février 2010
- BioShock 2 est sans surprise la suite de BioShock, best-seller sorti sur Xbox 360 en août 2007 en France. Fort de plus de 2 millions d'opus vendus et de dizaines de récompenses gagnées, le soft de 2K Games était rapidement devenu une référence du genre. Le deuxième opus s'annonce au moins aussi immersif et terrifiant que son grand-frère.
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