Test
Dante's Inferno
Après avoir retourné nos tripes avec Dead Space, le studio de développement baptisé Visceral Games (ex EA Redwood Shore) a décidé, pour son deuxième grand projet, de nous faire voir l'Enfer de très près en adaptant un texte majeur de la littérature occidentale, La Divine Comédie de Dante Alighieri. Prenant la forme d'un beat them all, Dante's Inferno espère faire aussi bien que son ainé, à savoir révolutionner le genre en reléguant tous ses concurrents au second plan. Le pari est-il réussi ? Plongez dans les entrailles de la Terre en ma compagnie pour le savoir. Tel Virgile, je serai votre guide en ce lieu maudit.
Toute fin a un début
Avant de commencer ce test, un peu de culture générale ne fera de mal à personne. L'auteur de La Divine Comédie, Dante Alighieri, est né en 1265 à Florence au sein d'une famille aisée. C'est à l'âge de neuf ans qu'il rencontre pour la première fois Béatrice lors d'une fête célébrant le premier mai. Dès le premier regard, c'est le coup de foudre. En 1283, il écrit son premier poème sur sa bien-aimée, mais deux ans plus tard, il épouse Gemma Donati qui lui était promise depuis de longues années. Le pire survient en 1290 lorsque Béatrice meurt à l'âge de vingt-quatre ans, Dante Alighieri ne s'en remettra pas. Après moult péripéties politiques, le poète publie en 1314 l'Enfer, premier tome d'une trilogie regroupant le Purgatoire et le Paradis. Vous l'aurez donc compris, c'est ce passage que vous allez devoir arpenter, à vos risques et périls.
Dante est un Croisé, rentrant d'un long voyage rempli de vices pour sauvegarder la Terre Sainte. Notre chevalier espère se la couler douce en revenant paisiblement dans son humble demeure et souhaite profiter pleinement de sa compagne, la fameuse Béatrice qui ici est bien en couple avec Dante. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu. Une fois le pas de la porte franchi, le père du héros gît sur le sol avec une croix plantée dans l'œil. Pire, son amour est aussi étendu dehors, sans vie. Quelques secondes plus tard, c'est Lucifer en personne (sous une forme spectrale) qui vient définitivement vous séparer de Béatrice, afin de vous attirer dans son repère. C'est ici que votre pèlerinage débute en sachant que si le but est le même dans le jeu vidéo et le livre, à savoir sauver Béatrice, la mise en place de cette descente en Enfer est totalement différente du poème. Mais vous n'êtes pas seul, puisque le poète Virgile vous tiendra compagnie pendant toute l'aventure, afin de vous éclairer sur les nombreux lieux remplis de mystères que vous croiserez.
Une ambiance unique
Qui dit Enfer, dit forcément démons, feu ou encore péchés et il faut avouer que c'est un sujet déjà abordé dans de nombreux titres, dans les beat them all en particulier. Mais là, les développeurs ont fait fort en nous imposant une ambiance unique et totalement crade. C'est bien clair, l'Enfer dans sa version chrétienne n'a jamais été aussi bien rendu dans un jeu vidéo. Mis à part le début de l'aventure bien trop classique et peu inspiré (correspondant à la démo jouable), une fois les Portes de l'Enfer passées, c'est une autre histoire qui vous attend au détour des neuf cercles représentant une catégorie de fautes. Le premier d'entre eux renferme tout simplement les païens et les infidèles, tandis que dans le deuxième se retrouvent les luxurieux. Jusqu'au neuvième et dernier cercle, vous croiserez les rebuts du Christianisme, qu'ils soient gourmands, avares, coléreux, hérétiques, violents, trompeurs ou traîtres, ils n'auront qu'une envie : vous étriper. Vous allez donc vivre un véritable voyage tant les ambiances des cercles sont différentes et les décors sont fouillés, regorgeant de détails macabres, qui en temps normal vous dégouteraient, mais qui dans le cas présent vous raviront.
Graphiquement, Dante's Inferno s'en tire avec les honneurs, même s'il faut bien admettre que les textures manquent de détails, notamment lors des gros plans, mais la direction artistique fait oublier immédiatement ces problèmes techniques, pourtant biens réels et c'est là l'une des grandes forces du soft. Que ce soient les environnements ou la quinzaine d'ennemis bien différents (sans compter les nombreux boss), tous possèdent un cachet certain qui ne laissera aucun joueur insensible. Anges déchus, bébés non baptisés, gloutons ou encore damnés explosifs, la diversité sera de mise, même si l'on aurait aimé un peu plus de nouveautés dans le bestiaire, surtout en fin d'aventure où les monstres se répètent assez souvent, à quelques exceptions près. Ce qui est certain, c'est que les développeurs se sont amusés à créer des monstres dérangeants et repoussants, le pari est donc réussi. Prenez pour exemple des femmes nues (ou presque) qui sortent un tentacule de leur partie intime et vous comprendrez de quoi je veux parler.
Dante vs Kratos
Si l'on ne se prononcera pas sur les nouvelles aventures de Kratos, Dante's Inferno s'inspire dans son système de jeu, dans sa jouabilité et dans ses mécaniques de gameplay, énormément de la référence du genre sur PlayStation 2, à savoir la série God of War et ses deux épisodes mythiques. Le placement des touches est le même, les actions se ressemblent et les fontaines de vies ou de magies sont conçues sur le même système.Vous allez me dire (pour les joueurs PS3), mais à quoi bon acquérir Dante's Inferno si le gameplay est identique ? Je leur répondrais donc que même s'il y a beaucoup de similitudes, les développeurs ont su en prendre le meilleur pour le faire à leur sauce et en y intégrant quelques originalités, comme le choix de votre voie. En clair, vous récolterez des âmes une fois une créature de l'Enfer vaincue, qui pourront être investies suivant votre souhait du côté du mal (Impie) ou du bien (Sacré). Bien entendu, chaque chemin possède ses atouts, vous devrez donc le choisir en fonction de votre style de jeu. Par ailleurs, Dante possède deux forces majeures, sa faux extensible et sa croix qui lance des... croix dans les airs, pour un résultat sanglant, tout comme les finish moves à base de QTE, histoire de trancher dans le vif. Manier le héros est donc un pur régal et seuls quelques sauts vous poseront problème en raison d'une caméra automatique un peu trop lointaine.
Parlons maintenant des magies, vous pourrez obtenir au fur et à mesure de votre aventure plusieurs sorts, sachant que seulement quatre pourront être assignés à votre manette. Il faudra donc bien les choisir en fonction des ennemis rencontrés. Pouvoir de glace, lancé de croix... il n'y en a que six, mais tous possèdent un atout, parfois primordial comme la magie d'invincibilité vous permettant de regagner de la vie. Aussi, sachez que vous pourrez attribuer à Dante des artefacts spécifiques qui augmenteront encore sa puissance. Attaque à la faux amplifiée, enchainements plus rapides ou encore âmes bonus engrangées, il y en a plus d'une vingtaine, sachant que chacun d'entre eux possède trois niveaux d'expérience. Mais Dante's Inferno ne s'arrête pas là, vous pourrez même avant chaque finish moves choisir de punir ou d'absoudre l'âme de votre démon, ce qui influera sur votre voie, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Également, vous devrez trouver (c'est facultatif) trente pièces cachées dans des fontaines, pardonner ou punir vingt-cinq âmes spécifiques et trouver tous les artefacts. Enfin, quelques phases de plateforme seront de la partie et des énigmes viendront très légèrement torturer vos méninges entre deux combats. Soyons clairs, si les phases dites calmes sont appréciables, elles ne sont que mineures par rapport aux nombreuses séquences de combat, représentant 80% de votre quête et face aux nombres d'ennemis.
Un voyage horrible
Pour terminer, passons en revue la bande-son de Dante's Inferno, scindée en deux parties. Commençons pas les musiques, tout simplement exceptionnelles et collant parfaitement au voyage entrepris par le joueur. Entre cuivres et chants religieux, les sonorités mettent dans l'ambiance et assurent une immersion de tous les instants, superbe. Le jeu est bien entendu entièrement en français et les doublages sont plutôt convaincants, même s'ils ne resteront pas dans les annales. Le héros a une voix somme toute classique, mais quelques gros vilains apportent un peu d'originalité avec leur voix d'outre-tombe. Du côté de la durée de vie, sachez que le soft se termine entre sept et dix heures suivant les aptitudes de chacun et le niveau de difficulté choisi parmi trois, un quatrième se débloquant une fois le titre conclu, tout comme un mode Arène se déroulant devant les Portes de l'Enfer et exigeant de résister à de nombreuses vagues, le tout sous le couperet du temps. Enfin, une biographie express de Dante Alighieri sera également disponible après votre tour des neuf cercles de l'Enfer.
Vous l'aurez donc compris, même si Dante's Inferno s'inspire clairement de God of War dans son gameplay, c'est un soft à ne pas rater pour tous les amateurs de beat them all, et ce, même si la concurrence est rude depuis quelques semaines, tant la patte graphique et le voyage proposé s'avèrent au final inoubliables.
Gameplay
8 / 10
8 / 10
Les mécaniques s'inspirent fortement de God of War et sont donc excellentes. Visceral Games a su apporter quelques nouveautés appréciables, comme le choix d'absoudre ou de punir les âmes ou encore le fait de s'attribuer des artefacts récoltés sur le champ de bataille en vue d'augmenter ses capacités. Par ailleurs, la faux extensible de Dante et sa croix sont surpuissantes, mais il est regrettable que quelques séquences de sauts soient gâchées par une caméra trop lointaine.
Graphismes
7 / 10
7 / 10
Si techniquement, Dante's Inferno n'est pas exceptionnel, c'est surtout la direction artistique qui en met plein la vue. Arrières plans fouillés, ambiance oppressante, décors variés, ce voyage dans les neuf cercles de l'Enfer vous dépaysera totalement.
Bande-Son
8 / 10
8 / 10
Les musiques sont tout simplement exceptionnelles et prennent aux tripes. Par ailleurs, les dialogues sont de bonnes factures, bien que les voix dans leur grande majorité soient plutôt quelconques.
Durée de vie
6 / 10
6 / 10
Comptez entre sept et dix heures pour boucler votre périple, c'est dans les standards du genre, mais on aurait aimé que le voyage dure plus longtemps. Par ailleurs, sachez qu'un mode Arène et un niveau de difficulté maximum se débloquent. Le DLC Trivials of St Lucia devrait arranger tout ça, mais en l'état, il manque un peu de contenu au soft.
Note finale
8 / 10
8 / 10
Dante's Inferno est clairement un excellent jeu. Son ambiance unique et sa direction artistique devraient convaincre bon nombre de joueurs, amateurs d'action non-stop et d'univers forts. Alors oui, les mécaniques de gameplay ressemblent à un autre titre du genre et la durée de vie est assez faible, mais il serait vraiment dommage de ne pas profiter de ce voyage inoubliable dans les profondeurs de l'Enfer, tant ce lieu n'a jamais été aussi bien rendu. Dante Alighieri peut reposer en paix.
Test de Dante's Inferno
Par b2zo-almendha • dimanche 14 février 2010 à 16h07
Par b2zo-almendha • dimanche 14 février 2010 à 16h07
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Très bon test!Moi j'ai bien aimé la demo alors si vous dites que c'est le passage le moins emballant du jeu la suite s'annonce bien.Et pour ceux qui ne possede pas de PS3 et qui cherche un jeu dans le style de God Of War ca peut etre une bonne alternative je penseil y a 1 année
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cassiniOuais personnellement ça m'a fait tout bizarre une telle ressemblance de gameplay à celui GoW, ça réveille mon impatience pour le III, déjà qu'elle avait du mal à se calmer ! Mais pourquoi pas !il y a 1 année
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