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Borderlands

Borderlands

C'est avec une circonspection parfois salutaire que nous attendons les jeux censés révolutionner leur genre, voire l'industrie planétaire toute entière. En effet, s'il semble difficile de reprocher son ambition à un jeu, trop croire les promesses d'un Peter Molyneux aura notamment par le passé déçu de nombreux joueurs Xbox. Annoncé pour la première fois il y a deux ans, Borderlands promettait alors un nombre quasi-infini d'armes et un mélange entre hack'n slash, RPG et FPS dans un monde post-apocalyptique. Ben voyons.



(Also, he has three balls.)

Le changement de direction artistique opéré par Borderlands il y a moins d'un an a clairement été salutaire, tant il est réussi. En passant d'un rendu classique (voir images ci-après) au rendu cel-shadé/crayonné qui est le sien actuellement, le titre de Gearbox Software est également passé de "joli" à "superbe". Un coup de maître de la part des artistes. Cependant, s'il s'agit là du trait le plus marquant de Borderlands dès le premier contact, celui-ci présente quelques autres intérêts.

Le jeu vous place dans la peau d'un aventurier débarquant sur Pandore, monde délabré, plus crade que les plages de la Côte d'Azur et infesté de criminels et autres bestioles agressives. Vous êtes à la recherche d'un artefact mystique dont la plupart des gens croient qu'il n'existe pas et dont personne ne sait à quoi il sert. L'histoire n'est pas franchement originale, mais plutôt un prétexte aux balades sur Pandore saupoudrées de zigouillage de chaland.

Au début du jeu, le choix vous est laissé entre quatre classes de personnages différents, chacun doté d'une "Furie" qui lui est propre. Le Soldat, qui ne demandera pas d'explication particulière quant à ses aptitudes physiques, peut poser une tourelle, tandis que le Chasseur, sniper, a la possibilité de demander à son pigeon d'attaquer ses ennemis. Le Furieux, sorte de berserk adepte du corps à corps, se bat à mains nues en regagnant de la vie une fois sa furie déclenchée et, enfin, la Sirène, axée "infiltration", sait se rendre invisible. En apparence sympathique, ce panel manque finalement de diversité et surtout de différenciation d'une classe à une autre, comme nous le verrons plus tard.


PS: He's not your friend


Le gameplay reprend celui d'un bon FPS classique et ne surprendra pas les habitués du genre. Ceux-ci constateront assez vite qu'ils n'ont cependant pas affaire à un FPS classique, notamment grâce à l'affichage, jouissif, des dégâts que vous infligez à vos ennemis, ainsi que des coups critiques. Dans la lignée directe, on retrouve une barre de vie au-dessus de chaque adversaire, ainsi que son niveau. On est également vite confronté à la possibilité de ramasser et accumuler des armes et objets sur nos victimes à l'aide d'un inventaire. Chacune de ces armes possède des caractéristiques différentes, ce qui pousse, tout au long du jeu, à passer son temps à comparer ses différentes trouvailles et à régulièrement se demander pendant dix minutes s'il vaut mieux opter ou pas pour telle arme, moins puissante que sa copine, mais infligeant des dégâts électriques... Vous l'avez compris, les centaines de milliards d'armes promises sont en fait pour beaucoup des variantes pour des pouillèmes de statistiques (plus de dégâts, moins de recul, plus de balles dans le chargeur, plus gros zoom, etc.) et du design "automatisé" fort bien fichu. On s'en fout, c'est marrant. Si ce n'est pas votre tasse de thé, passez votre chemin, car il ne s'agit pas là de la seule similitude avec Diablo.

On retrouve en effet un arbre de compétences propre à chaque classe, vous permettant d'améliorer trois branchesdifférentes, dont une dédiée àvotre Furie. Vous pourrez donc également différencier votre personnage en améliorant la précision pour le Chasseur, la résistance pour le Furieux, etc. Il s'agit cependant là du seul point de séparation et à moins de blinder une branche de spécialisation particulière, on constate trop peu de différences dans la manière de jouer une classe ou l'autre. Cela n'entrave malgré tout aucunement le plaisir de jeu, et on remplit avec délice son sommaire arbre de compétences au fil des niveaux.

La progression dans le jeu, tant pour la trame principale que les missions annexes, se fait via un journal des quêtes, alimenté par les PNJ qui parsèmeront votre périple ; ce sera là d'ailleurs le seul rôle de ces derniers, autrement fort peu loquaces. Quelques missions en poche, vous voilà prêt à parcourir les vastes étendues désertiques de Pandore, au final plutôt attachantes. Les développeurs ont fait un effort pour diversifier autant que possible les environnements en donnant une ambiance propre à chaque grande zone, si bien qu'on ne se lasse pas trop de ce qui aurait pu être un gros désert ennuyeux. L'étendue de ces zones est fortement réduit par l'apparition précoce de véhicules facilement accessibles, puis encore par la mise à disposition un peu plus tard de bornes de téléportation.

Malgré le côté quelque peu répétitif des objectifs de mission ("Tabasser DeathHead LethalAssassin" et "Ramener la cuiller en bois de Deckard Cain" étant les plus récurrents), on se prend instantanément au jeu et on est, comme dans tout bon RPG même un peu bourrin, constamment tiré par l'envie de faire progresser son personnage, son équipement, et de massacrer des ennemis encore plus balèzes. Dans Borderlands comme dans tout RPG, il est fort peu recommandé de s'attaquer à des ennemis de niveau supérieur au sien. En plus de vous infliger bien plus dégâts que les adversaires de votre niveau, ceux-ci sont en effet bien plus résistants, les rendant quasi-inattaquables. A l'inverse, les nombreusesmissions annexes vous permettent de monter en niveau et rendent votre quête principale nettement plus aisée. Chaque tâche étant marquée du niveau théorique auquel elle est destinée, après plusieurs heures à remplir diverses missions et pour peu qu'on continue à le faire au fil du jeu, les quêtes deviennent alors particulièrement aisées. En somme, plus on fait le jeu en profondeur, moins le challenge est élevé. Ce qui pourra être vu par les personnes moins ennuyeuses que moi comme une juste récompense du temps passé à accomplir ces quêtes. On appréciera d'ailleurs un système de gain d'XP favorisant très nettement lesmissions face au massacre de monstres à la chaîne, rendant de fait inutile tout levelling dans les plaines.



A deux, c'est mieux... j'te raconte pas à quatre

Une des grandes forces de Borderlands repose sur son mode multijoueur. On retrouve tout d'abord sur consoles un mode coop en écran splitté très efficace, même si on regrettera l'impossibilité de choisir l'orientation du découpage et des menus un peu perturbants à manœuvrer au premier abord. On lui préfèrera quand cela sera possible la coop en ligne, permettant de jouer jusqu'à quatre pour un fun énorme, pour peu que vous trouviez des potes d'un niveau équivalent au vôtre. La résistance des streums augmente alors fortement, rendant la coopération vitale ; on apprécie alors assez vite une équipe équilibrée, avec un Furieux pour encaisser les dommages et Chasseur et Sirène en soutien, attendant de devoir aller ressusciter leur coéquipier qui a oublié de regarder sa barre de vie.

Même si cela n'est pas vraiment son aspect le plus important, Borderlands vous propose également de vous confronter à d'autres joueurs, que ce soit à l'arrache en "un contre un" dans une partie coop, ou dans des arènes spécifiques de match par équipe qui allongeront la durée de vie du jeu sans pour autant vous garder devant votre console des heures durant.

Gameplay
8 / 10
Prise en main efficace, visée très précise plaçant Borderlands dans le haut du panier en matière de FPS. On regrettera encore une fois que la version PC souffre d'une ergonomie des menus pensée pour la console et que le bouton de corps-à-corps soit un clic de joystick droit sur console, fort peu pratique lorsqu'on essaie de viser en même temps.
Graphismes
9 / 10
A moins d'être complètement réfractaire au cel-shading, on ne peut que s'incliner devant la beauté du jeu. Le character design est fun et sans complexe et l'aspect crayonné des textures est un régal. On regrettera quelques bugs de collision et de personnages/véhicules coincés dans les décors, malheureusement inévitables pour un titre de cette ampleur, et la profusion d'effets qui fera ponctuellement ramer le jeu lorsque le Furieux se bat au corps-à-corps en lançant des dégâts élémentaires.
Bande-Son
7 / 10
Propre et sans reproche particulier. Les doublages français sont plutôt bons, les bruitages bien fichus et les musiques, sans surprise, arrivent au bon moment. Du bon travail. On rigolera juste un peu en entendant les rugissements monstrueux des pauvres Skags niveau 2 de 25 cm de haut.
Durée de vie
8 / 10
En prenant votre temps, comptez environ 30h. Le plaisir de le refaire en coop si vous ne l'avez pas fait la première fois, ou l'envie de tester un autre personnage vous y ramèneront également.
Note Solo
8 / 10
C'est beau, c'est bon, c'est long et le mélange FPS/RPG prend très bien malgré les défauts du titre. On en redemande.
Note Multi
9 / 10
Comme en solo, mais en vachement plus marrant. L'arène est un plus sympathique qui se fera cependant relativement vite oublier tant la coopération est plus amusante.
Note finale
8 / 10
Ce qui était un exercice de style périlleux entre le FPS et le RPG s'est transformé en une petite merveille qu'il serait réellement dommage de rater, ne serait-ce que pour la vue. Gearbox a fourni ici un excellent boulot qui promet de vous occuper pendant quelques dizaines d'heures si vous faites l'effort d'y investir les deniers nécessaires.
Par MaitreSoda mercredi 4 novembre 2009 à 13h30
  • Mon seul reproche pour ce jeu ira a sa "grande" variété de véhicules...
    et également au fait que les dits véhicules ne servent a rien si ce n'est a aller plus vite, leur meilleur atout restant d'écraser l'adversaire au vu de la puissance "hallucinante" de ses armes -_-'

    hormis ceci le jeu est une merveille :geek:
    il y a 10 mois
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  • Non membre
    Arnaud
    bon jeu :
    - l'intérêt des armes aléatoires se révéle petit à petit au fur et à mesure de la progression,
    - l'équilibre question difficulté est bien géré, même si pour qu'il y est du challenge, il faut parfois faire exprès de passer à côté des quêtes annexes pour tenter les quêtes principales à un niveau tout juste limite. En revanche, c'est assez rageant de constater que si un monstre a disons 3-4 niveaux de plus, même en vidant son chargeur et en jouant divinement bien on a peu de chance de le faire tomber... ça motive le leveling mais ca démotive le bon joueur.
    - je suis assez d'accord avec la critique pour ce qui est de la différence des classes vis à vis du gameplay : en gros chaque classe a une action spéciale qui a pour effet d'infliger des dégâts de manière plus ou moins variées (zone d'effet, contact, distance) et de donner un bonus de survie (vampirisme, fuite accélérée, mur et régénération). Pour le reste, chaque classe a des bonus pour faire plus de dégats ou pour sauver sa peau. En terme de gameplay, c'est à peine perceptible face aux monstres. En Joueur VS joueur j'imagine que la différence doit plus se sentir (la compétence de la sirène, qui devient invulnérable un certain temps par exemple), mais je ne suis pas convaincu.
    il y a 6 mois
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