Test

WET

WET
Parmi la multitude de jeux vidéo qui débarquent chaque année sur les étals de nos revendeurs, nombreux sont les softs à passer inaperçus. À côté des blockbusters et autres surprises auxquelles on ne s'attend pas, il arrive parfois que des titres sans prétention apparente interpellent et passionnent une tranche de joueurs. WET (diminutif anglophone faisant allusion à des mains maculées de sang) fait incontestablement partie de ces jeux qui font passer un bon moment, mais qui ne conviennent qu'à une frange infime de gamers. Loin d'être raté, il est tout simplement hors du commun et peut être considéré comme une espèce d'O.V.N.I dans le cercle très large des jeux d'action où la poudre, les femmes gâtées par la nature et les hectolitres d'hémoglobine se côtoient. Sans plus attendre, pénétrez dans cet univers que n'aurait pas renié Tarantino et laissez-vous guider au pays du grand n'importe quoi ou presque.

Le moins qu'on le puisse dire, c'est que la sculpturale Rubi Malone, aussi charmante soit-elle (pour le charisme, c'est une autre histoire), n'est pas le genre de nana à choisir une petite vie tranquille, avec mari et enfants, le tout dans une maison sentant bon la lavande. Non, elle, ce qu'elle préfère, c'est résoudre des affaires où le risque est tel qu'elle peut trépasser à tout instant. En un mot comme en cent, la donzelle est une tueuse et il est préférable de ne pas se mettre en travers de sa route. Tout commence sur les chapeaux de roue, avec un deal qui tourne à la vinaigrette frelatée, pour une vague histoire de mallette dont le contenu est gardé secret jusqu'à la fin du deuxième niveau. Pour un jeu d'action, WET pose le décor en deux temps trois mouvements, et ce n'est pas prêt de s'arrêter !
 
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Un melting-pot qui déboîte

Le titre de Bethesda Softworks (développé par A2M) ne fait pas dans la dentelle et emprunte des éléments à une multitude de titres et films. On y retrouve notamment l'ambiance décomplexée, mais souvent sordide et violente des longs-métrages de Quentin Tarantino. Si WET vous fait penser à Pulp Fiction ou encore Kill Bill (pour les combats au sabre), ne soyez pas étonnés. En terme de gameplay pur, on se retrouve ni plus ni moins devant la mythique licence Max Payne ou l'excellentissime Stranglehold. Le but est dézinguer un nombre incalculable d'ennemis dans une atmosphère suffocante, enrichie (comme nous le verrons plus loin) par un filtre sépia et des imperfections visuelles parfaitement voulues. Là où la différence se fait sentir, c'est que le joueur campe une femme et que cette dernière n'a rien à envier aux poses athlétiques et acrobatiques à Uma Thurman dans Kill Bill. Ainsi, elle n'hésite pas à descendre une échelle la tête en bas pour flinguer les hommes qui sont postés au sol. De même, elle est capable de s'adonner à un véritable numéro de contorsionniste pour toucher plusieurs ennemis à la fois et surtout surprendre ces derniers. À la voir, c'est sûr, on a franchement mal pour ses lombaires. En bref, il faut moins de deux minutes pour s'apercevoir que Dame Malone est une vraie machine de guerre qui savoure son plaisir à chaque instant. Le langage est plutôt "fleuri" et bien souvent, ses opposants n'ont même pas le temps de s'enfuir qu'ils ont déjà lâché la rampe. Malgré la violence extrême qui se dessine au fil des séquences, on peut parler d'esthétisme, tout d'abord grâce aux différentes positions de la belle, mais aussi et surtout par l'apport d'un outil bien connu des gamers : le bullet time.
 
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L'art d'arrêter le temps

Devenu incontournable depuis Max Payne, cet effet consiste à ralentir le temps et donc l'action. Grâce à ce procédé (qui s'active dès que Rubi quitte le sol), le joueur peut prendre un malin plaisir à viser chaque ennemi comme il se doit. Comme le « bullet time » de WET est illimité, on s'éclate littéralement d'autant plus qu'il est possible de zigouiller des adversaires en sautant, en glissant, ou carrément en étant suspendu dans les airs ou sur le toit d'une voiture en marche : un vrai feu d'artifice ! Bien entendu, les dommages corporels sont ciblés et permettent de glaner de nombreux points afin de débloquer de nouvelles aptitudes ou améliorer celles qu'ils peuvent l'être (efficacité des armes, résistance, etc.). En plus des armes à gros calibres, Rubi sait également manier le sabre comme personne. En combat rapproché, la demoiselle est capable de démembrer n'importe quel gusse qui passe à portée de son sabre, et c'est donc un vrai délire que d'enchaîner les coups de sabre et les actions plus pétaradantes. Oui, décidément, elle ne rigole pas, mais est-ce que tout cela n'est pas un peu répétitif ?
 
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Du calme Rubi, on attaque le chapitre des défauts

Comme tout jeu du genre, l'action incessante a tendance à devenir répétitive, d'autant plus que le bruitage des armes est loin d'être un modèle de réalisme. Malgré tout, les développeurs ont implémenté diverses séquences « extérieures » qui viennent atténuer le sentiment de déjà-vu. Tout d'abord, rapidement dans l'aventure, le joueur vit une course poursuite complètement hallucinante. Notre héroïne s'évade de toit en toit en prenant le soin de viser les ennemis qui sortent des véhicules afin de les envoyer sur le bitume. Cette séquence est complètement allumée et bien jouissive. Après ce passage, WET nous amène dans le repaire de Rubi où le joueur peut s'adonner à divers défis, plus ou moins amusants, mais qui permettent de lâcher du lest. Elle devient même parachutiste lors d'une chute libre d'un avion en flammes. Enfin, à certains moments, le mode "rage" s'active et transvase le décor dans un univers rouge et noir à la Madworld. Bref, de A à Z, l'univers de Tarantino est complètement respecté et les fans de ce réalisateur de génie devraient franchement s'y retrouver à condition de ne pas être refroidi par la partie technique, peu avenante à l'heure d'un Uncharted 2 ou d'un Assassin's Creed 2.     
 
 
Ouch, c'est vieux tout ça

À la fois dans le fond et dans la forme, WET est un titre qui a de l'âge. Tout d'abord, visuellement, le titre utilise un filtre graphique qui apporte un vrai côté « délavé » à l'ensemble. On voit plein d'imperfections à l'écran comme sur les vieilles bandes cinématographiques. Pour les fans, pas de doute, le style fait mouche dès les premiers instants. On peut également saluer la présence d'intermèdes publicitaires ou encore la bande sonore qui assume totalement ce côté kitsch. Dans ce cas, on aime ou on déteste. Par contre, sur un plan purement technique, WET est un peu à la ramasse. Les textures sont fadasses, les modélisations manquent de soin et les animations sont loin d'être un modèle du genre. Rajoutez à cela une structure linéaire et très scriptée et vous obtenez un jeu pop corn, qui fera mouche chez une certaine catégorie de joueurs. Absolument pas grand public, WET est donc à mettre aux côtés de titres décalés comme God Hand sur Playstation 2 (dans un tout autre genre) ou encore, mais c'est plus relatif, No More Heroes. Voilà l'exemple même d'un titre manquant de finition, mais qui n'est pas dénoué de charme, très loin de là. Il est juste préférable de l'essayer (par exemple, via la démo disponible sur le Live et le PSN) avant de l'adopter !
Gameplay
6 / 10
WET fait la part belle aux gunfights incessants et pas mal d'idées ingénieuses sont à signaler, comme la possibilité de tirer la tête en bas ou en glissant sur les genoux. Il est également très facile de passer d'une arme à l'autre. Seul bémol, la caméra n'est pas exempte de défauts et Rubi Malone manque de souplesse par moment. Rien de grave, mais on a vu bien mieux ailleurs. WET n'en reste pas moins un titre jouable et c'est le principal.
Graphismes
6 / 10
Loin des ténors actuels, il est préférable de découvrir WET d'un point de vue artistique et non technique. Pour cette dernière facette, c'est franchement moyen avec des textures fadasses et divers bugs d'affichage. Les animations manquent également d'étapes. Par contre, les amateurs de Tarantino vont adorer les différents artifices mis en place par les développeurs : ton sépia, imperfections visuelles faisant penser à une vieille bande électromagnétique et intermèdes dans le ton.
Bande-Son
8 / 10
La bande-son, sur le plan musical, est juste fantastique par rapport à l'univers souhaité par les développeurs. De nombreux artistes ont participé et les différentes instrumentalisations et chansons s'accordent à merveille avec l'action omnipotente. Par contre, les dialogues (voix en français) sont assez moyens et la vulgarité fait parfois un peu « too much ». Quand on sait que la V.O est signée Elisa Dushku (Buffy contre les Vampires, That '70s Show, Ugly Betty) pour la voix américaine, il y a de quoi être vert, la belle ayant déjà œuvré dans Saints Row 2 et Yakuza.
Durée de vie
7 / 10
Sans être un modèle de longueur, WET s'en tire pas mal quant à sa campagne solo. Et pour débloquer tous les succès ou trophées, il y a de quoi faire. Pas de mode multijoueur à signaler par contre. Dommage, ça aurait pu être très fun.
Note finale
6 / 10
Bien qu'étouffé par certains détails énervants et une sensation de bâclé, WET s'annonce pimenté et propose quelques émotions fortes. C'est vrai que le tout s'avère moins accrocheur qu'un Stranglehold mais il n'est pas mauvais, loin de là ! C'est juste qu'il s'agit d'un jeu qui n'est absolument pas grand public et qui reste ciblé. Les amateurs de Tarantino devraient adorer, tant il est difficile de trouver des jeux gravitant autour de son univers torturé et culte.
Test de WET
Par lundi 28 septembre 2009 à 21h13
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Fiche jeu

WET

  • 360
  • Genres : Action
  • Sortie FR : 18 septembre 2009
  • Meilleur prix (neuf) : 9,99 EUR
  • Le prochain jeu de Sierra vous proposera d'incarner un agent secret, en la personne de Ruby, au service du gouvernement.