Test

Silent Hill : Homecoming

Silent Hill : Homecoming

Allongé sur un lit d’hôpital, la caméra en vue subjective, transporté à travers les couloirs, les néons clignotent, des patients sont torturés et mes membres sont toujours attachés au lit par des sangles en cuir. Abandonné dans une pièce obscure, je peux enfin me libérer et souffler un instant après cette scène inspirée par l’Echelle de Jacob et Hostel. Je suis dans la peau d’Alex Shepard, tout juste revenu du Vietnam. Avec son jean et sa veste militaire, Alex rappelle la panoplie des vétérans-vagabonds hollywoodiens dont Sylvester Stallone (Rambo) et Robert De Niro (Voyage au bout de l’enfer) restent les plus emblématiques. Il est néanmoins confus quant à son passé et comme dans tout Silent Hill il faudra au joueur un dévouement total pour investir l’univers et les fragments de mémoire qui permettront de comprendre le scénario et la personnalité du protagoniste. La raison de vivre d’Alex se résume à Joshua, son petit frère qui fuit irrémédiablement devant lui, et qui nous enfonce dans les pires enfers imaginables.

La communication avec Josh n’est pas aisée puisque les rares fois où ce dernier ne se dérobera pas, il nous est séparé par une porte ou une grille, et il confie différentes missions à son frère qui, une fois accomplies, ne seront jamais récompensées. Ingrat comme pas possible, Josh n’aide pas son frère quand celui-ci est sur le point de tomber de quatre étages et  il le met dans des situations horrifiques insupportables.

 

Dans la brume électrique et les cendres chaudes

Dès le premier niveau, le monde va se transformer, la rouille et les peintures se décoller à l’image du film de Christophe Gans, plongeant Alex et le joueur infortuné dans la dimension la plus cauchemardesque, rouge comme le sang, les métaux en fusion : l’Enfer avec un grand E.

La bande sonore déjà oppressante et parsemée de bruits métalliques stridents se transforme en un capharnaüm bruitiste où l’air bourdonne en un souffle absolument terrifiant. Les monstres cultes refont surface : infirmières aveugles à la peau luisante et à la poitrine joliment moulée, Pyramid Head et son armée de blattes, le tout pour notre plus grande frayeur. La radio grésille toujours autant à l’approche des créatures mutantes, faisant exploser le rythme cardiaque et pousser des dizaines de plaques d’eczéma, et la lumière de la lampe torche est toujours aussi dangereuse face aux infirmières. Attirées par la lumière et le bruit, ces dernières deviennent particulièrement habiles de leurs couteaux et cisaillent comme des machines survoltées. Il vaut mieux éteindre sa lampe torche et tenter une approche furtive. Le nouveau système de combat entre alors en action. La gâchette gauche (LT) maintenue, Alex cible un monstre et peut ensuite enchaîner avec des coups rapides (A) ou un coup puissant (X), et même réaliser un combo (A+A+X).

Face à un ou plusieurs monstres, le nouveau système de combat témoigne d’une grande efficacité et même d’une subtilité tactique. Cette subtilité, qui est fondamentale car vitale, est contenue dans le bouton B, le bouton de l’esquive en mode action (LT) et de la roulade en mode normal. Alex devra esquiver les attaques des créatures pour continuer son périple car certaines créatures occasionnent beaucoup de dommages et les kits de soins ne sont pas à profusion, il faut bien le dire. Esquiver permet également de donner des coups plus efficaces et de se débarrasser des horreurs plus facilement.

En outre, ce système n’est pas parfait, comme en témoignent les combats contre les boss ou contre les Siam (géants aux bras en forme d’énormes pilons de chairs agglomérées) où Alex se retrouve souvent coincé, dans l’impossibilité d’esquiver correctement, et finalement martelé telle une impuissante marionnette.

 

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Papa, qu’est-ce tu fais dans la cave ?...

Homecoming, c’est l’histoire d’un retour aux sources, à la fois pour Alex qui rentre au foyer familial et qui recherche éperdument son petit frère, mais aussi pour une série qui s’était perdue lors du quatrième épisode et qui se retrouve progressivement à l’aide de studios occidentaux, auxquels Konami a confié le développement des derniers Silent Hill. Ce fut d’abord Silent Hill Origins sur PSP et PS2, développé par les Anglais de Climax et c’est maintenant au tour de Homecoming, développé par le studio américain Double Helix. Le démantèlement de la Team Silent ne peut qu’être regretté mais les Japonais ont pu créer un univers extrêmement riche et suffisamment puissant pour être accessible à un créateur-développeur étranger. Ce constat n’est pas contredit, ni par Origins et son apport en terme de gameplay, ni par ce Homecoming qui poursuit l’évolution initiée par Climax et tend à rendre Silent Hill maniable. Il était temps. Le protagoniste se déplace facilement au stick analogique comme dans tout jeu d’action à la troisième personne et la visée des armes à feu est même plus libre que celle de Resident Evil 5 puisque Alex peut se déplacer en ajustant son tir.

Ce que beaucoup redoutaient, à savoir une fuite du sentiment de peur du fait de la liberté de la caméra, maintenant derrière le personnage et contrôlable avec le stick droit, n’a pas totalement lieu.

Au fond, ce qui fait la substance de Silent Hill, c’est son ambiance suffocante et la vulnérabilité de son personnage principal. Homecoming conserve cette ambiance et malgré quelques passages un peu moins stressants (cimetière, commissariat) le travail des développeurs est une réussite. On se croirait dans un Silent Hill 2.5, un Silent Hill 2 mixé avec l’apport de la réalisation cinématographique de Gans.

Du point de vue de la vulnérabilité du personnage, ce sentiment est en parti perdu avec la maniabilité « action » et la caméra libre, mais le manque de kits de soins et le faible champ de la caméra autour du personnage, ainsi que la profondeur de champ réduite (brouillard, cendres, obscurité etc.) permettent de conserver une tension face à l’inconnu et à ce qui est tapi dans le non-visible.

A l’arrivée, l’ambiance et le travail artistique sur ce dernier opus est bluffant. Double Helix est rentré dans Silent Hill, cela ne fait aucun doute. Le scénario, bien que classique par rapport aux premiers épisodes développés par les Japonais, reste dans le haut de gamme comparativement à la production mainstream, et les nouvelles créatures créées par les Américains sont totalement dans le ton de la série, mutantes et difformes à la Bacon, très connotées sexuellement, et provoquant une sensation malsaine.

 

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Une progression énigmatique

Homecoming ne rompt pas avec les codes de level design inhérents à la série. Trois quarts des portes resteront fermées ou bloquées, et la ville est déconnectée du monde, entourée d’un gouffre de néant comme dans le manga L’école emportée de Kazuo Umezu. Tout cela est justifié par la dimension cauchemardesque et hallucinatoire dans laquelle baigne Silent Hill, et ouvrir le level design aurait été un sacrilège dans le sens où le protagoniste ne doit pas avancer, il doit être bloqué et le joueur doit se sentir enfermé, claustrophobe avancé et schizophrène fini.

Les planches qui barricadent les portes et les énigmes (même simplifiées) n’en demeurent pas moins des obstacles symboliques à la progression d’Alex. Pris de malaises multiples, ce dernier se réveille à chaque fois dans un monde différent, et même dans une cellule de prison (référence ultime à Lost Highway de David Lynch). Homecoming ressasse et reproduit les références des développeurs japonais sans complexe et il ne compte de toute manière nullement s’en affranchir.

Enfin, Double Helix a revu en parti le système de sauvegarde puisque des checkpoints réguliers permettent de recommencer à l’infini un passage tant qu’il n’est pas réussi, rassurant le joueur dans un premier temps. Cependant les véritables points de sauvegarde sont eux plus épars et parfois très éloignés. J’ai par exemple dû attendre plus de deux heures avant d’en retrouver un et de pouvoir enfin mettre un terme au cauchemar. A contrario, ces satanés cercles de sauvegarde sont parfois très rapprochés les uns des autres, ce qui fait pester contre ce déséquilibre certainement volontaire. Les parties de Homecoming ne sont pas des petites parties, et il faudra au joueur trouver le temps de s’investir dans cette aventure certes un peu exigeante.

 

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Gameplay
6 / 10
L’orientation plus libre et maniable est à la fois favorable au joueur et néfaste au sentiment de vulnérabilité, sans toutefois l’annihiler. Ce qui fonctionne à merveille face à un ennemi isolé se transforme en un calvaire face aux boss et aux ennemis en trop grand nombre ou simplement trop forts. L’esquive et le ciblage automatique ne sont pas toujours des plus précis.
Graphismes
7 / 10
Les screenshots faisaient peur, finalement l’ajout des filtres graphiques rend l’ensemble agréable à l’œil. Les textures restent un peu fades et les modélisations sont hachées mais les effets de lumières sont magnifiques. Des ralentissement sont présents et ternissent l’expérience de jeu.
Bande-Son
8 / 10
Akira Yamaoka tire l’ambiance vers le sublime et le terrible, avec un rock mélancolique et un dark ambiant magnifique qui parsèment les lourdes atmosphères sonores et les bruits crispants qui tétanisent pour un rien.
Durée de vie
7 / 10
Une dizaine d’heures pour terminer l’aventure, ce qui représente un peu moins que la moyenne de la série. Recommencer permettra de débloquer de nouvelles fins mais encore faut-il en avoir l’énergie.
Note finale
7 / 10
Homecoming n’est pas un chef d’œuvre comme pouvait l’être Silent Hill 2 mais il reprend les codes de la série et reproduit son ambiance malsaine avec fidélité. Les apports de gameplay et les créatures créées par Double Helix ne sont pas de mauvais goût et permettent de vivre un nouveau séjour dans la « colline silencieuse » sans être déçu du voyage.
Test de Silent Hill : Homecoming
Par jeudi 2 avril 2009 à 03h17
  • Très jolie test et bien tourner mais cela ne me poussera pas à l'acheter :p
    il y a 2 années
    • Défenseur open-source - Utilisateur de Linux - Débloqué le 04 octobre 2010
    • E3 2011 - Présent lors de l'E3 2011 - Débloqué le 03 juin 2011
    • Je suis le premier ! (niv 4)  - Premier à poster sur 300 commentaires - Débloqué le 22 janvier 2010
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 27 décembre 2010
  • Bon test, cependant ca confirme ce que je pensais du soft, c'est assez médiocre à la fin, je m'attendais à nettement mieux... :hesitant:

    Merci pour le test
    il y a 2 années
    • Playstation 3 - Utilisateur de Playstation 3 - Débloqué le 08 décembre 2008
    • Killzone 2 -  - Débloqué le 13 avril 2009
    • Metal Gear Solid 4 - Old Snake - Débloqué le 13 avril 2009
  • bon test comme d'habitude mais le jeu me branche pas :hesitant:
    il y a 2 années
    • Je suis le premier ! (niv 1)  - Premier à poster sur 50 commentaires - Débloqué le 26 mars 2010
    • Night Watch - We fight in the shade ! - Débloqué le 12 février 2010
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 08 décembre 2009
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 23 décembre 2010
    • 15000 pièce d'or - Vous avez gagné 15000 pièces d'or - Débloqué le 09 juin 2011
  • Joli test, t'en qu'a la médiocrité du soft, faut se demandé si il faut continué a cherché a rafraichir les licences, ( plus de liberté tue un peu le coté "peur" ) et dans ce cas la, arreté l'exploitation, ou accepté ce genre de petit désagrément :/
    Là est toute la question :x
    il y a 2 années
    • Je suis le premier ! (niv 1)  - Premier à poster sur 50 commentaires - Débloqué le 24 avril 2009
    • Participation (niv 3) - 500 Commentaires postés - Débloqué le 26 mars 2009
    • Noteur de jeux (niv 2) - 50 Jeux notés - Débloqué le 19 avril 2009
    • Night Watch - We fight in the shade ! - Débloqué le 01 février 2009
  • Homecoming est loin d'être médiocre. Il est même plutôt bon. L'ambiance est là, la peur aussi, le scénario est très au-dessus de la moyenne, la bande sonore est démente, et personnellement je m'attendais à nettement moins bien.
    il y a 2 années
  • Pour avoir fait le test de la version américaine sur PS3 fin 2008, je suis plutôt d'accord avec le test (j'avais mis 14/20).

    Par rapport à Silent Hill 2 et 3, c'est nettement moins bien, même si Homecoming est quand même sympa, mais avec cette franchise, on ne peut pas se contenter d'un sympa justement.... :hesitant:
    il y a 2 années
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