Test

Mirror's Edge

Mirror's Edge

Mai 2008. Le 7 très précisément. Un jour comme les autres, j’allume mon PC en quête des premières informations matinales venues des quatre coins du monde. Comme à mon habitude, je navigue sur les différents sites en espérant débusquer la perle rare. Mais ce matin là, rien de très croustillant à me mettre sous la dent. Alors que je suis sur le point d’attaquer ma journée, mon attention est déstabilisée par une vidéo postée sur un site américain. Ces deux petites minutes, en plus de me faire frissonner de plaisir comme rarement depuis la saga Shenmue et le dernier Metal Gear Solid, me font tomber amoureux de la belle et acrobatique Faith. Mais ce qui finit par m’achever, c’est cet enchaînement d’images à tomber à la renverse, allié à une musique fantastique. Le studio Digital Illusions Creative Entertainment (DICE) a vraiment fait des merveilles.

 

Tout d’abord, on ne peut le nier, Faith a une classe d’enfer. Son métissage entre Asie et Occident lui confère un charisme qui explose immédiatement à l’écran. A l’inverse des autres héroïnes que l’on peut voir la plupart du temps, elle n’est pas bodybuildée et n’exhibe pas une poitrine qui ferait se damner les amateurs des gros bonnets (pour ça, allez plutôt lorgner du côté de Soul Calibur IV ou plus récemment Tomb Raider Underworld). Non, Faith est l’archétype de la nana branchée qui fait passer la plastique en second plan. Enfin… pas tout à fait, car la belle dispose d’un sens urbain lui permettant de se mouvoir avec la grâce d’une féline. Exploitant chaque recoin de l’environnement, elle est ainsi capable de se fondre dans le paysage, en ne laissant aucun indice. Et c’est sans doute ce qui fait de ce Mirror’s Edge un jeu si particulier et controversé. D'un côté, il y a les joueurs comme moi, qui sont prêts à accueillir les concepts inédits, quitte à se qu’ils soient imparfaits, et d’autres qui sont plus difficiles à satisfaire. Comme nous allons le voir, le jeu des créateurs de Battlefield met tous les sens en éveil et c’est sans doute là sa plus grande réussite. Mais sans plus tarder, disséquons la galette pour comprendre en quoi Mirror’s Edge est probablement l’un des jeux indispensables de cette fin d’année.

 

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Mais c’est quoi ce truc !?

Pour faire court, on pourrait dire de Mirror’s Edge qu’il s’agit d’un Prince of Persia immergé dans un environnement urbain, mais auréolé d’une vue à la première personne, ce qu’on appelle plus communément vue subjective. Malgré la possibilité d’utiliser des armes et d’effectuer des mouvements de close-combat, la galette des développeurs nordiques n’a rien d’un FPS. Les armes sont bien trop dispensables pour placer Mirror’s Edge dans la même catégorie que les Battlefield et autres Call of Duty. DICE a vraiment changé son fusil d'épaule, si je puis dire. Dans les faits, on se retrouve en présence d’une sorte de jeu de plateforme où l’action n’a jamais été aussi immersive. Seulement voilà, pour mener à bien leur mission et faire que le joueur puisse se retrouver dans ce dédale d’immeubles, les géniteurs n’ont eu d’autre choix que de travailler un maximum sur tout ce qui entoure Faith, du background général au level design. Justement, en parlant de la trame scénaristique, allons à l’essentiel. L’action prend place dans un futur proche où la liberté d’expression a disparu. Cela fait un peu penser au délirant Demolition Man avec Stallone et Wesley Snipes. En gros, le gouvernement contrôle absolument tout, jusqu’aux pensées des gens, avec des publicités propagandistes qui pullulent sur les murs de cette cité maculée de blanc. On incarne la jeune et belle Faith, une femme eurasienne dont le rôle est de faire transiter les informations en passant par les voies « aériennes ». Ils sont une poignée à braver l’interdit afin de garder une part de vérité. Mais alors que cette activité consiste à passer de main en main des mallettes et autres paperasses contenant des informations, le « job de routine » se transforme en un véritable pugilat, sans que Faith et Merc (son mentor, qui reste constamment en contact radio) comprennent ce qui se passe. Pour une raison encore inconnue, les forces de l’Ordre se mettent à utiliser les armes et la sœur de notre héroïne, Kate, se retrouve inculpée de meurtre. Dans une ville où la communication et la réalité de l’information sont bafouées, il va sans dire que la recherche de la solution ne va pas se faire en un claquement de doigts.

 

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Immersion totale !

Les premiers pas sont incroyablement déstabilisants et vertigineux. Faith n’est qu’une fourmi face à l’immensité urbaine qui l’entoure. Pour se repérer, les développeurs de DICE ont décidé d’éradiquer toute présence de HUD et autre interface. Mirror’s Edge, dans la lignée de son design, est un jeu épuré. Pour se repérer, le joueur doit utiliser ce que DICE a appelé le « sens urbain ». Pour matérialiser cette sensation unique, votre orientation est guidée par la couleur rouge des éléments. Si dans les autres jeux, cette différence de couleur ne serait absolument pas perceptible, il en est tout autre dans Mirror’s Edge. De par l’omnipotence des environnements à teinte quasi monochrome, il suffit d’un petit instant pour se remettre sur le droit chemin. La plupart des éléments sont reconnaissables entre mille, allant de la simple porte à défoncer (c’est le mot, Faith n’y va pas avec le dos de la cuillère) à la vertigineuse tyrolienne en passant par les tuyaux et autres aspérités de l’environnement. Autre point d’importance, la jauge de vie est remplacée par ce que l'on voit assez fréquemment dans nos jeux, c'est-à-dire une « perturbation visuelle » de l’écran. Ici, la vue de Faith se met à vaciller et un voile rougeâtre vient altérer l’image.

 

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Faith Plateform Shooter

Au-delà du concept même de Mirror’s Edge et son ambiance « yamakasienne », on peut dire sans trop se tromper que le jeu de DICE n’est ni plus ni moins que l’évolution logique du genre plateforme. Souvenez-nous, pour les plus vieux, à l’époque des 8 et 16 bits, Mario et Sonic évoluaient sur un scrolling horizontal et il faudra attendre quelques années avant que les jeux évoluent sur plusieurs plans (comme dans Fatal Fury 3 notamment). Par la suite, les deux compères et meilleurs ennemis du jeu vidéo ont gagné en profondeur et c’est le petit père à la casquette qui a lancé les hostilités avec Super Mario 64 (absolument culte) suivi quelques temps après par Sonic Adventure sur Dreamcast (tout aussi fantastique). Bref, tout ça pour dire que le jeu de plateforme en tant que tel a évolué, avant de sombrer petit à petit à partir des années 2000. Ainsi, Mirror’s Edge n’est plus ni moins qu’un jeu de plateforme en vue subjective. D’ailleurs, il n’est pas étonnant que le célèbre Little Big Planet ait servi de plateforme de création à un niveau entièrement dédié au jeu des Suédois. Avec Mirror’s Edge, les développeurs n’ont pas voulu s’encombrer d’une multitude de commandes. A part quelques interactions, il s’agira avant tout d’appuyer sur les touches de la tranche, et surtout d’opérer avec un timing chirurgical. Je pense notamment au saut renversé qui consiste à prendre appui sur un mur pour atteindre une plateforme surélevé, mais qui se trouve dos à vous. Autant vous le dire de suite, il faut un certain temps avant de maîtriser tous les mouvements, mais une fois qu’on y parvient, c’est le pied total. Quelques passages, notamment dans le niveau des égouts, sont ardus mais d’une manière générale, on avance assez vite même s’il faut parfois explorer l’environnement pour comprendre le cheminement à suivre. Merc est aussi là pour vous guider, mais il n'intervient que trop rarement. Sans vous dévoiler l’avancée du scénario, sachez que les flics vont vous mettre le grappin dessus très souvent, voire constamment. Parfois, il est indispensable d’utiliser une arme ou les attaques au corps à corps. Ceci dit, une fois la menace éradiquée, il faut vite lâcher l’arsenal pour pouvoir récupérer toute sa liberté de mouvement. Les phases où l'on se heurte aux forces de l’Ordre sont assez intenses et finalement, on oublie rapidement les quelques petits soucis de gameplay des rixes. La musique se met à s’accélérer brutalement, ça fuse de tous les côtés, et il faut souvent une bonne dose de dextérité pour parvenir à mettre au sol les gardes vous entourant. Si la situation s’annonce compliquée, vous pouvez utiliser « l’état de grâce » qui est une copie directe du fameux Bullet Time imaginé dans la série des Max Payne. L’action ralentit à la Matrix et il est ainsi plus facile de désarmer les adversaires. L’arme devient rouge et il suffit d’appuyer sur la touche Y pour qu’une animation (dommage qu’elles soient si peu nombreuses) s’enclenche.

 

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Fausse liberté ?

Il ne faut pas oublier que Mirror’s Edge est la première itération du concept et l’immensité de l’environnement est un joli trompe-l’œil. Tout au long des pérégrinations de notre héroïne, on suit le chemin que les développeurs nous obligent à prendre, et finalement il ne s’agit ni plus ni moins que d’un couloir, dont l’horizon est étendu mais inaccessible la plupart du temps. Alors certes, on court, on saute, on s’accroche à la force des ses bras, on fait des roulades… mais cela reste relativement rectiligne. Heureusement, ce défaut est très vite oublié grâce à la magnificence de la réalisation. On en prend véritablement plein la tronche, avec des décors absolument magnifiques. Certes, le design immaculé pourra déplaire à certains, mais j’ai été plutôt surpris par la variété des environnements, moi qui m’attendais à ne me taper que des décors urbains. Finalement, il n’en est rien, on passe par les toits, les égoûts, le métro, des bâtiments divers… et l’immersion atteint une telle intensité que l’on peut difficilement mettre en défaut la très courte durée de vie (6/7 heures). Le soft comporte deux autres modes permettant de se confronter aux ghosts des joueurs du monde entier, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard et on oublie vite ce supplément quasi anodin. Il s’agit du premier essai de DICE et on peut dire, sans trop se tromper, qu’il est réussi ! Le deuxième volet ira sans doute beaucoup plus loin, tout en gardant le même concept. Reste que les ventes sont pour l’instant assez moyennes, mais cela dit, il faudra voir sur la durée. Enfin, pour terminer ce test, sachez que la bande son est fantastique, que ce soit les musiques ou les bruitages. D’ailleurs, je vous invite à vous procurer l’O.S.T du jeu qui vaut son pesant de cacahuètes. Mirror’s Edge est un titre d’un nouveau genre, imparfait mais certainement pas bancal. L’un de mes jeux de l’année tout simplement !

 

Gameplay
8 / 10
Mirror’s Edge a certainement demandé beaucoup de « brainstorming » à l’équipe de développement. Le résultat final est très convaincant, même si l'on peut se permettre d’émettre un bémol pour les phases d’action. C’est le point qu’il faudra travailler pour le prochain volet. Pour le reste, à part quelques soucis de timing, Mirror’s Edge est un titre très efficace, rythmé et qui fait ressentir des sensations rarement égalées.
Graphismes
8 / 10
Le design ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais le jeu de DICE est véritablement magnifique. Les textures sont travaillées, la modélisation des environnements fait plaisir à voir et la cité dans laquelle on évolue possède une vraie identité visuelle. Mention spéciale aux cinématiques auréolées d’un effet « D.A » très réussi.
Bande-Son
9 / 10
La claque ! Que ce soit les musiques, les bruitages ou les doublages, il est difficile de mettre en défaut la B.O du jeu. Faith a une voix excellente, chaque mélodie colle parfaitement à l’action et les effets sonores immergent totalement le joueur durant les sauts et autres scènes de combat. Du grand art.
Durée de vie
6 / 10
Le mode histoire, s’il s’avère passionnant, est également très court. Il ne faut pas espérer dépasser les 7 heures de jeu avec Mirror’s Edge. Certes, les géniteurs de la galette ont rajouté les modes contre-la-montre et parcours mais ça ne suffit pas. On peut également se mettre à la recherche de toutes les mallettes cachées dans les décors, mais c’est véritablement un point qu’il faudra améliorer pour le prochain opus.
Note finale
8 / 10
Imparfait, Mirror’s Edge l’est incontestablement. Il jouit de séquences d’action assez limitées et la durée de vie est rachitique. Pour le reste, c’est l’une des expériences vidéoludiques immanquables de cette année. Rarement l’immersion a atteint un tel niveau. Le jeu est d’une beauté à se damner, pour qui aime les design futuristes et on prend un vrai plaisir à parcourir les 9 chapitres qui composent l’aventure. Faith est charismatique au possible, et on a vraiment hâte de la suivre dans de nouvelles péripéties.
Test de Mirror's Edge
Par vendredi 5 décembre 2008 à 22h31
  • On sent que t'as aimé le jeu. Pour ce qui concerne Faith, elle est pour moi l'opposé absolu de la classe. Visage de pékinois inexpressif limite trisomique, tatouages hideux, aucune féminité, look du joggeur du dimanche... Mais bon, chacun ses goûts ! :p
    il y a 3 années
  • Dommage pour le temps de jeu, je pense que je l'acheterai quand il sera en classic, sinon sa vaut pas le coup :p
    il y a 3 années
    • Je suis le premier ! (niv 1)  - Premier à poster sur 50 commentaires - Débloqué le 24 avril 2009
    • Participation (niv 3) - 500 Commentaires postés - Débloqué le 26 mars 2009
    • Noteur de jeux (niv 2) - 50 Jeux notés - Débloqué le 19 avril 2009
    • Night Watch - We fight in the shade ! - Débloqué le 01 février 2009
  • Belle note pour un bon jeu ! bon test ! merci ... :)
    il y a 3 années
    • Nintendo Wii - Utilisateur de Nintendo Wii - Débloqué le 17 octobre 2008
    • Participation (niv 7) - 5000 Commentaires postés - Débloqué le 14 juin 2011
    • 20000 pièce d'or - Vous avez gagné 20000 pièces d'or - Débloqué le 17 novembre 2010
    • New Mario Bros Wii - New Mario Bros Wii - Débloqué le 06 avril 2010
    • Plants vs zombies - Plants vs zombies - Débloqué le 06 avril 2010
  • Stv
    Un bon test, pour un bon jeu.
    Je suis simplement décu que la durée de vie soit si courte.
    Mais ce jeu est une véritable bouffée d'air frais de par son concept totalement inédit.
    Je pense me le prendre en occaz, merci pour le test :)
    il y a 3 années
  • Bon test pour un jeu qui a l'air sympa et qui change un peu du train-train quotidien... Juste que personellement je mettrais pas 65 euros pour un jeu avec une durée de vie de 7h et sans mode multi :hesitant:
    il y a 3 années
    • Je suis le premier ! (niv 1)  - Premier à poster sur 50 commentaires - Débloqué le 26 mars 2010
    • Night Watch - We fight in the shade ! - Débloqué le 12 février 2010
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 08 décembre 2009
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 23 décembre 2010
    • 15000 pièce d'or - Vous avez gagné 15000 pièces d'or - Débloqué le 09 juin 2011
  • la même que streykley

    je suis persuadé que le jeu est génial, mais personnelement sans mode multi et avec cette durée de vie je me le prendrais quand il sera moins chère :sad:
    il y a 3 années
    • Windows - Utilisateur de Micro$oft Window$ - Débloqué le 30 décembre 2007
    • Opéra - Utilisateur d'Opéra - Débloqué le 30 décembre 2007
  • Juste que personnellement je mettrais pas 65 euros pour un jeu avec une durée de vie de 7h et sans mode multi > y'a tellement de jeu aujourd'hui qui ont la meme durée de vie, après y'a tjs les succès pour s'amuser, et puis bon un jeu on peut le refaire plusieurs fois, j'ai du refaire des centaines de foi starfox ou encore dkc sur snes. Quand on pense qu'un mario 1 peut se finir en 5 min et j'en pense, 7h ça reste honnête
    il y a 3 années
    • Street Fighter 4 - Ken - Débloqué le 15 août 2010
    • Défenseur open-source - Utilisateur de Linux - Débloqué le 17 septembre 2007
    • Participation (niv 4) - 1000 Commentaires postés - Débloqué le 26 mai 2009
    • Google Chrome - Utilisateur de Google Chrome - Débloqué le 10 septembre 2008
    • Street Fighter - Ha-Do-Ken ! - Débloqué le 08 octobre 2007
  • Pour ma part, je ne sais pas si c'est parce que j'approche de la trentaine, mais je préfère les jeux intenses avec des "courtes" durées de vie. Une dizaine d'heures me suffit amplement en général ^^
    il y a 3 années
  • Ce que je trouve intéréssant avec ME c'est que justement Faith n'est pas une joli blonde ou chatin clair avec une grosse poitrine et de gros flingue c'est une fille simple ^^ et plutot athlétique!.
    Je pense me le prendre en occaz , parce que 7 heure de jeux c'est vachement cours, 12 heure aurait été mieux ^^
    il y a 3 années
    • Participation (niv 4) - 1000 Commentaires postés - Débloqué le 16 juin 2009
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 15 décembre 2007
    • Je suis le premier ! (niv 4)  - Premier à poster sur 300 commentaires - Débloqué le 14 août 2009
    • E3 2011 - Présent lors de l'E3 2011 - Débloqué le 03 juin 2011
    • 15000 pièce d'or - Vous avez gagné 15000 pièces d'or - Débloqué le 08 août 2011
  • Il à l'air d'un type assez surprenant ce jeu....Genre le concept que l'on ne voit pas souvent!!
    il y a 2 années
    • Nintendo Wii - Utilisateur de Nintendo Wii - Débloqué le 12 juillet 2008
    • iOS - Utilisateur d'iOS - Débloqué le 02 août 2010
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