Pour Mass Effect 2, Bioware rompt avec une tradition vieille de quinze ans introduite par Chrono Trigger. Appelée selon les époques et les lieux Replay Mode, New game Ex, Challenge Mode, elle autorisait en partant de l'expérience engrangée lors d'une partie bien achevée, d'en recommencer une nouvelle : new game +. Même s'il y a plusieurs sens au concept et différentes portées, l'habitude est que les jeux de rôle s'en servent pour que l'on expérimente leurs fins multiples. Or Mass Effect en dispose.
Par la bouche de Preston Watamaniuk, designer en chef, le studio déclare vouloir relisser la composante rôle de leur titre, émoussée par une ribambelle de commandants Shepard vanguard endossant une protection Krogan Colossus X (l'astuce Y, A, du menu des upgrades) et pros du snipe. En enlevant le new game +, le jeu désincite à ce qu'on le rejoue une fois terminé. Mais il s'agissait avant tout de donner du poids aux choses, à l'histoire, à la vie de ses partenaires, aux multiples choix dont Mass Effect 2 ne sera pas avare. On imagine un scénario profondément dramatique, plein de risque, car c'est le propre de la tragédie, l'irreversibilité, l'absence de rédemption pour ceux qui ont choisi de flirter avec la violence et la mort.
Rappelons-nous du génie de Earthbound, Dragon Warrior 2, Fallout 2 qui permettaient de vivre dans ce monde que l'on avait fait basculer, pour mesurer la portée de nos actions. Bioware bouscule le joueur, et se trouve dans cette situation durant les six prochains mois.